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Une observation estivale avec Arnaud


Classé dans : Toutes les nouvelles du ciel

Observer le ciel, cela ne se limite pas seulement à poser un instrument dans son jardin et tenter au petit bonheur la chance de repérer des objets intéressants. Je prépare en général mes observations et passe par quelques étapes inévitables pour m’assurer d’une soirée réussie. Voici le récit de l’une d’entre elles, ce que les astronomes appellent parfois un CROA (Compte Rendu d’Observation Astronomique).

Avant tout, voici quelques suggestions de fonds sonores pour lire ce récit et se mettre dans l’ambiance, avec au choix

Préparation de la soirée

Nous sommes le 27 aout, j’ai décidé d’aller observer le ciel avec mon télescope. Mon premier réflexe est de jeter un coup d’œil à la météo. D’ordinaire je consulte la page décrivant la qualité du ciel sur le site meteoblue au lien suivant.

Dans le tableau obscur qui apparaît dans mon navigateur, ce sont les trois premières colonnes qui m’intéressent. Elles me renseignent sur la couverture nuageuse à basse, moyenne et haute altitude (clouds : Low, Mid, High). Des valeurs faibles et une couleur associée allant vers le bleu foncée indiquent en général un ciel clair. C’est le cas ce soir et la température est encore clémente. Mais j’ai aussi choisi cette date car la Lune n’est pas présente et ne devrait donc pas m’éblouir.

Habitant en ville je ne peux pas vraiment profiter des étoiles à proximité de chez moi à cause de la pollution lumineuse. Il me faut donc un endroit avec un ciel bien noir pour planter mon télescope.
J’en ai repéré un où le ciel est correct à une distance raisonnable de mon domicile. Pour cela je me suis rendu sur la carte mise à disposition par l’association d’astronomie du Vexin que vous retrouverez en cliquant ici.
A défaut de zones noires où la pollution lumineuse serait absente j’essaie au moins d’être dans le bleu pour avoir un ciel qui permette de voir la voie lactée.

Je charge le télescope et ses accessoires dans la voiture et parcours les 25 km qui me séparent de mon site d’observation.

Arrivée sur site

Je descends de voiture. Avant de tout sortir, je juge de la qualité du ciel. Pour cela j’attends toujours quelques minutes afin que mes yeux s’habituent à l’obscurité. Je regarde au zénith, la voie lactée est bien là ! Elle est même coupée en deux par les nuages de poussières qui se trouvent en son sein. Au-dessus de moi j’aperçois le Triangle de l’été avec trois étoiles très brillantes Véga, Déneb et Altaïr. Le télescope peut sortir du coffre.

Véga Déneb et Altaïr devant la voie lactée / Pose de 18s, objectif de 24mm, ISO 3200 – Crédits : Arnaud Liégeois

Mon télescope est de type Dobson. C’est-à-dire que les déplacements de celui-ci pour suivre les astres sont manuels. Je n’ai pas de moteur mais c’est un choix personnel qui me permet de me passer de source d’énergie. Avoir une prise électrique et un ciel noir est difficilement compatible et le transport de batterie est pénible. On court en plus le risque qu’elles se déchargent avant la fin d’une soirée d’observation. Et dans ce cas, il n’y a plus qu’à tout remballer.

Mon télescope est composé de plusieurs parties qu’il faut assembler. Cela me prend une vingtaine de minutes en prenant mon temps. Puis il me faut encore cinq minutes pour régler l’alignement optique des miroirs.
Voilà c’est près ! Pendant ce temps la nuit est vraiment tombée, il fait bien noir.

Mes observations

J’observe la constellation du Scorpion à l’horizon sud.

Constellation du Scorpion – Crédits : Arnaud Liégeois

 

Le point le plus brillant (qui est au milieu du « front » du scorpion sur l’image ci-dessus) est la planète Mars. Je pointe mon télescope sur elle et je fais la mise au point. C’est une petite boule orange. Je grossis un peu plus mais très peu de détails apparaissent. Cela fait plusieurs mois que nous nous éloignons d’elle et son diamètre apparent est devenu très faible. La faible hauteur sur l’horizon n’aide pas non plus. Il y a un peu de turbulences, les mouvements de convection de l’atmosphère brouillent les images.

En haut à droite de Mars c’est Saturne. A 200 fois de grossissement,  la planète est très belle ! Je distingue les deux teintes jaune et beige de son disque et la division de Cassini, ligne noire qui coupe en deux les anneaux.
Mais la saison favorable à l’observation des planètes est passée et je suis surtout venu observer le ciel profond. Par ciel profond on désigne tous les objets situés en dehors du système solaire.

J’observe plusieurs nébuleuses avant de pointer l’une de mes préférées : M27, la nébuleuse de l’Haltère. C’est une nébuleuse planétaire (découverte par Charles Messier d’où la lettre « M » devant le numéro) qui est en fait une coquille de gaz qui a été expulsée par une étoile mourante. Elle se situe dans la petite constellation du petit renard,  située dans le grand triangle de l’été non loin de l’étoile Altaïr. Vous comprenez alors l’intérêt de connaitre un peu les constellations avant d’acheter un télescope.
Je grossis peu,  de façon à avoir un grand champ d’observation sur le ciel avec mon télescope. Ceci me permet de trouver la nébuleuse plus facilement en balayant celui-ci. La voilà ! Je reconnais son aspect diffus.
Il me faut grossir plus pour apprécier ses détails. Je change d’oculaire et l’observe à 175 fois. Cette nébuleuse est souvent décrite comme ayant l’aspect d’un trognon de pomme, mais avec un grand télescope on voit en plus se dessiner deux anses de chaque côté. Je discerne quelques étoiles sur la nébuleuse elle-même et je vois aussi l’étoile centrale qui lui a donné naissance.

 

M27 / Dessin réalisé par ordinateur représentant mes observations – Crédits : Arnaud Liégeois

Sur ce dessin j’ai essayé de rendre compte de l’observation de la nébuleuse. Observer ce n’est pas jeter un coup d’œil furtif. Il faut patienter de longues minutes avant de discerner les détails, connaitre la physiologie de l’œil pour exploiter notre organe au mieux. Malgré cela je n’ai pas vue la nébuleuse verte comme il y a 20 ans avec un télescope plus petit. Ma vue est-elle moins bonne aujourd’hui avec l’âge ? La qualité du ciel en France s’est-elle à ce point dégradée durant cette période ? A vérifier, mais de toute façon je reviendrai l’année prochaine, comme chaque été, observer cette nébuleuse.

« J’ai vu tant de choses que vous humains ne pourriez pas croire.
De grands navires en feu surgissant de l’épaule d’Orion.
J’ai vu des rayons fabuleux, des rayons C,  briller dans l’ombre de la porte de Tannhäuser.
Tous ces … moments se perdront … dans l’oubli.
Comme … les larmes… dans la pluie … »

Blade Runner

Il est tard. Il est temps de ranger. Je lève les yeux une dernière fois avant de partir. Quelques étoiles filantes percent le ciel. Sur la route du retour un renard et deux chevreuils passeront dans le faisceau de mes phares. J’irai me coucher apaisé par ce moment passé sous les étoiles, attendant avec impatience le début de l’année prochaine pour cette fois-ci revoir la grande nébuleuse d’Orion et le déploiement de ses grandes ailes.

Même si vous ne possédez pas de télescope, je vous conseille de trouver un site pour prendre le temps d’observer les étoiles à l’œil nu, loin de la pollution lumineuse pour apercevoir la voie lactée.
Je vous laisse avec une dernière vidéo à regarder sur grand écran.

Arnaud

 

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Carte de la lune


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