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Le Taureau du ciel


Classé dans : Etoiles & Constellations Etoiles à neutrons Géante rouge nébuleuse du Crabe Pléädes Pulsar Supernova Toutes les nouvelles du ciel

La constellation du Taureau est connue depuis le Néolithique et son nom est certainement lié aux cultes agraires de cette époque. Symbole de la vitalité et du renouveau, c’est une des treize constellations du zodiaque, constellations qui se trouvent sur l’écliptique, trajectoire dessinée par la course du Soleil. Entre 4000 et 1700 ans avant Jésus-Christ, le Soleil se trouvait dans la constellation du Taureau à l’équinoxe du printemps. Date symbolique du réveil de la nature. D’ailleurs, dans la mythologie grecque, le Taureau était identifié à Zeus, symbole d’ardeur amoureuse. On prétend même que celui-ci traversa la mer, avec sur son dos, la fille du roi de Phénicie, Europe, qui peu de temps après, devait lui donner trois enfants : Minos*, Radamanthe* et Sarpédon*.

Le Taureau, grotte de Lascaux – Le cosmographe.com

De nos jours, le Taureau est traversé par le Soleil du 14 mai au 22 juin. Au premier jour du printemps, en raison de la précession des équinoxes*, il ne séjourne plus dans cette constellation, mais se tient dans celle du Bélier.

Un taureau dans l’herbe bleue de la voûte étoilée

Très belle constellation du ciel de fin d’automne, le taureau est facile à repérer. Dès les dernières nuits de novembre, le Taureau est visible plein Est. Posté en-dessous du Cocher, il partage une étoile avec lui : Al Nath, étoile qui représente l’extrémité de sa corne la plus boréale. Au centre de la constellation, se détache une étoile beaucoup plus lumineuse que les autres : Aldébaran, œil du Taureau. Devant elle, s’étend la seconde corne dont la pointe est l’étoile la plus lumineuse qui borde la voie lactée : Zeta. Derrière elle (Aldébaran), trois étoiles de magnitudes apparentes un peu plus faibles mais visibles à l’œil nu, dessinent la lettre « v ». À elles trois, elles figurent la tête de l’animal.

Les Hyades, soeurs pleureuses et amas ouvert le plus proche de la Terre

Les Hyades – crédit astrosurf.com

Si vous prenez une paire de jumelles, vous y verrez une dizaine d’étoiles qui toutes appartiennent à L’amas ouvert  le plus proche de la Terre : les Hyades. Il n’est situé en effet qu’à 130 années-lumière de nous. Dans la mythologie grecque, on raconte que ces étoiles étaient les 15 nymphes de la pluie, filles d’Atlas* et de Pléioné* et sœurs de Hyas*. A la mort de ce dernier, tué par un lion,  inconsolables, elles ne cessèrent de sangloter, si bien que les dieux émus, les placèrent au ciel.

Les Pléiades, bouquet d’étoiles et  plus bel amas ouvert du ciel nocturne

Les Pléiades – crédit photo fridaysunset.net

Bien au-dessus des Hyades, symbolisant l’épaule du Taureau, un autre très bel amas ouvert : les Pléiades, amas plus serré regroupant environ 3000 étoiles, nées du même nuage de gaz et de poussières. A l’échelle de l’Univers, les étoiles qui l’habitent sont très jeunes, âgées d’à peine 100 millions d’années. A l’œil nu, vous pouvez voir jusqu’à six étoiles, si votre regard est plus perçant vous pourrez en discerner une septième. La plus lumineuse se nomme Alcyone Les grecs encore eux, racontaient que les Pléiades étaient 7 sœurs, 6 étaient visibles mais que la septième, Mérope restait cachée, honteuse d’avoir épousé un mortel. En vérité, s’il est difficile d’apercevoir Mérope c’est parce  que celle-ci se cache derrière un nuage de poussières qui réfléchissent la lumière des étoiles proches.

Le nom des Pléiades – fauvettes.pagesperso-orange.fr
 

 

En vous munissant d’une bonne paire de jumelles ou d’un petit télescope, vous pouvez en compter au moins 80.

Mais Il existe d’autres mythes que ceux des grecs, par exemple, pour les indiens de l’ethnie Mono de la Sierra Nevada, en Amérique du Nord, les Pléiades seraient 6 femmes qui auraient mangé de l’oignon si bien que les Hyades, leurs maris se tiendraient à distance, de peur de respirer leur haleine.

Quant à Aldebaran,  géante rouge* à l’éclat jaune pâle et œil aiguisé du puissant Taureau, il suit les Pléiades, tout en surveillant le chasseur Orion, de peur des avances que celui-ci pourrait faire à l’une des sœurs Pléiades.

 La nébuleuse du Crabe

 

Mais l’objet le plus notable de la constellation du Taureau est la célèbre et magnifique nébuleuse du Crabe, observable avec un télescope et située juste au-dessus de l’étoile Zeta.

En juillet 1054, dans la constellation du Taureau, les chinois découvrent une étoile très brillante à une époque, le Moyen-Âge, où les hommes de science européens aveuglés par la certitude d’un ciel immuable, ignoraient tous les phénomènes célestes nouveaux. Les chinois, à l’inverse, notaient tous les changements que l’on pouvait observer dans le ciel (éclipses, comètes…).

À cette époque, le lever héliaque* de cette constellation avait lieu en juillet. Et dès le matin et ce, pendant trois semaines, cette « étoile invitée* », brilla tout le jour, d’un éclat plus lumineux que celui de Vénus. Puis son éclat décrut et finit par disparaitre au bout de deux ans. Aujourd’hui l’on sait que cette étoile était une supergéante au stade ultime de sa vie, qui explosa en supernova (voir l’étoile de Kepler dans l’article de blog Cassiopée, reine du ciel d’automne).

Le noyau de l’étoile s’effondra sur lui-même en créant une onde de choc qui  éjecta le gaz restant de l’étoile dans l’espace. Apparût ensuite un nuage de gaz : la nébuleuse. Quant au noyau de l’étoile, il devint une étoile à neutrons, sphère métallique de 20 km de diamètre environ, extrêmement dense : imaginez plus de un milliard de tonnes dans un morceau de sucre !

Le pulsar du crabe, étoile à neutrons

                                                    Film explosion nébuleuse du crabe – crédit Dailymotion

Lors de l’effondrement de l’étoile, la rotation du noyau s’accélère, la rotation du noyau s’accélère et son champ magnétique s’intensifie. Le déplacement rapide d’électrons dans ce champ magnétique est en partie responsable de l’émission de faisceaux radio très étroits au niveau des pôles magnétiques de l’étoile. Sous l’effet de sa rotation, ceux-ci vont balayer l’espace. Si l’un des deux faisceaux est en direction de la Terre, on peut le capter avec un radiotélescope. On parle alors de détection d’un pulsar. Pour en connaître un peu plus sur ces fameux pulsars, vous pouvez consulter ce lien : http://www.cosmovisions.com/pu.htm

Au cœur de la nébuleuse du Crabe se cache un des pulsars les plus connus.

 

À la station de radioastronomie de Nançay, ce pulsar est observé très régulièrement avec le grand radiotélescope.Vous pouvez consulter également consulter  le slideplayer « Nançay, une grande oreille à l’écoute de l’Univers » réalisé par Ismaël Cognard, chargé de recherches LPCE/CNRS d’Orléans dont un chapitre est consacré à l’étude des pulsars.

Bonne observation


 

Minos : roi légendaire de Crète dans la mythologie grecque
Radamanthe : Héros, frère de Minos, réputé pour sa vertu et sa justice dans la Mythologie grecque.
Sarpédon : Héros, frère de Minos et Radamanthe, tué à la guerre de Troie dans la mythologie grecque
Atlas : Titan qui  engendra les Pléiades, Hyas, les Hyades et les Hespérides dans la mythologie grecque
Pléioné : Océanide, fille d’Océan et de Téthys. Elle est la mère des Pléiades et de Calypso, ou d’Hyas et des Hyades, qu’elle conçut de son union avec le Titan Atlas.
Hyas : Père ou frère des Hyades dans la mythologie grecque.
 
Précession des équinoxes : lent changement d’orientation de l’axe de rotation de la Terre du à l’influence de la gravité du Soleil et de la Lune. Ce changement d’orientation dessine un grand cercle en 26 000 ans. L’étoile qui nous indique actuellement  le pôle Nord céleste ne sera donc plus la même au terme de 14000 ans. Et c’est l’étoile Véga de la constellation de la Lyre qui se retrouvera la plus proche  du prolongement de l’axe de rotation de la Terre. Entre ces deux dates, d’autres étoiles marqueront le Pôle Nord céleste. Le pôle Nord céleste sera toujours dans le prolongement  de l’axe de rotation de la Terre et c’est  l’ensemble du ciel qui se sera déplacé, mais pour l’observateur le pôle Nord céleste sera toujours dans la même direction.
Lever héliaque d’une étoile : chaque jour, le Soleil se décale vers l’Est par rapport aux étoiles sur la sphère céleste, le long de l’écliptique (grand cercle sur la sphère céleste représentant la trajectoire annuelle du soleil vue de la Terre). En conséquence, chaque jour qui suit le lever héliaque, une étoile apparaît un peu plus tôt et demeure visible plus longtemps dans le ciel avant d’être cachée par la luminosité du ciel due au lever du soleil. Toutes les étoiles n’ont pas de lever héliaque. En fonction de la latitude d’observation, certaines, proches de l’étoiles polaire, restent perpétuellement au-dessus de l’horizon et sont donc toujours visibles dans le ciel nocturne ; seules les autres étoiles possèdent un lever héliaque. À savoir, en grec, héliaque signifie solaire.
Etoile invitée : cette expression fut employée dans plusieurs textes anciens d’astronomie chinoise et japonaise  pour mentionner l’apparition temporaire d’un nouvel astre dans le ciel.
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Carte de la lune


Carte de la lune

NASA Mars Trek


Mars Trek

Pôle des Etoiles de Nançay


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