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La Lyre suspendue à la voûte étoilée


Classé dans : Etoiles & Constellations Toutes les nouvelles du ciel

Rien moins que 25 étoiles pour dessiner le petit astérisme de la constellation de la Lyre, mais seules cinq d’entre elles, suffisent à en cerner les contours. D’après la légende grecque, il s’agirait de celle d’Orphée, l’Argonaute*, musicien dont le chant surpassa celui des sirènes lors de l’expédition des Argonautes .

L’histoire de la Lyre

Cette lyre ou plutôt cette cithare, fabriquée par le Dieu Hermès avec la carapace d’une tortue* lui fut offerte par le Dieu Apollon et l’accompagna lors de sa descente aux Enfers d’où, amoureux inconsolable il voulait ramener son épouse, décédée suite à la piqûre d’une vipère. Il en reviendrait seul et périrait plus tard sous les coups des Ménades*, femmes furieuses d’avoir été dédaignées par cet amoureux fidèle. A sa disparition, Zeus devait en son honneur et pour la joie, plus tard, de nombreux observateurs du ciel nocturne, accrocher sa « kithara » (lyre, cithare en grec) sur la voûte étoilée auprès de l’Aigle et du Cygne, constellations phares des nuits d’été.

Si dans les civilisations antiques du Moyen-Orient et de l’Inde on y voyait un vautour ou un aigle, dans la mythologie chinoise, la constellation de la Lyre est supposée représenter une tisserande éplorée par la séparation d’avec son époux (symbolisé par l’étoile Altaïr de la constellation du Cygne , située de l’autre côté d’un long fleuve figuré par la voie lactée.

Vega, un bijou d’étoile

https://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/d/d3/Vega_Spitzer.jpg

Vue infrarouge du disque de débris entourant Véga, par le télescope spatial Spitzer

En portant votre regard à l’opposé de la constellation du Bouvier, vers l’Est et en levant les yeux presqu’au zénith, proche de la voie lactée, une étoile, Vega (l’Aigle en piqué pour les Arabes), brille d’un éclat blanc bleu tel un diamant. Etoile principale de la constellation, elle est la première  à apparaître les nuits d’été, avant même que la nuit ne soit noire. Observée depuis la Terre, elle est une des étoiles les plus lumineuses du ciel d’été et la cinquième étoile la plus lumineuse du ciel après Arcturus du Bouvier . Deux fois plus massive que notre Soleil et plus chaude, elle est située seulement à environ 25 années-lumière de notre Soleil. Elle présente un disque de poussières autour d’elle à l’image de celles responsables de la lueur diffuseuse perçue le long de l’écliptique par temps clair : la lumière zodiacale. Ce disque de poussière aurait pu être alimenté par un système planétaire existant. L’hypothèse tend à être abandonnée en faveur d’une alimentation par un bombardement de comètes et d’astéroïdes assez intense (lire l’article de l’Observatoire de Paris : Vega, étoile à comètes.  Par ailleurs la masse totale de ces poussières est semble-t-il 1000 fois plus petite que celle de la Terre et donc trop petite pour se convertir en système planétaire. Les irrégularités perçues dans ce disque de poussières font penser que Véga pourrait posséder une exo planète de la taille de Jupiter. Véga est l’étoile d’un bon nombre de premières. Elle est la première étoile au-delà de notre Soleil à avoir été photographiée, témoignant dès 1850 de l’émergence de l’astrophotographie comme élément clé de la recherche en astronomie. Preuve en est, la première image du spectre d’une étoile fut révélée par des clichés de Véga en 1872. Enfin, elle est aussi la première étoile dont la distance ait été estimée par la méthode de la parallaxe. *  A noter, dans environ 12000 ans, Vega nous indiquera le Nord. En effet, en raison de l’influence de la Lune et du Soleil sur la Terre, celle-ci voit son axe de rotation se déplacer par rapport au plan de l’écliptique. En résulte une combinaison entre la rotation de la Terre et un déplacement périodique autour de la perpendiculaire au plan de l’écliptique. Un peu comme une toupie que l’on aurait lancé un peu de travers par rapport à la surface de la table. Ce déplacement appelé précession des équinoxes * induit un déplacement apparent des étoiles sur la voute céleste. De sorte que, le pôle nord céleste actuellement en direction de l’étoile (Ursae Minoris) formant la queue de la petite ourse devrait migrer progressivement vers Véga puis pointer à nouveau en direction de Ursae Minoris dans 26000 environ.

Les étoiles de la Lyre sur le velin bleu nuit

La lyre ressemble à un petit quadrilatère suspendu par un fil court. A l’autre extrémité du fil, l’étoile Végà.. Les étoiles Delta lyr et Zeta Lyr représentent les coins supérieurs du quadrilatère tandis que les étoiles Sulaphat (la Tortue en Arabe) et Sheliak (la Harpe en Arabe), en sont les angles inférieurs.

Sulafat es une géante bleue, très chaude et très massive, 40 fois plus brillante que Véga mais beaucoup plus éloignée, expliquant une magnitude apparente plus faible  mais elle reste malgré tout bien visible à l’œil nu.

Sheliak est défini comme un « système d’étoile binaire à contact à éclipses ». Une dénomination bien longue qui signifie simplement qu’il s’agit d’un couple d’étoiles (binaire) à l’écartement très serré (à contact) au point que les deux étoiles sont déformées par cette attraction mutuelle. La couche de gaz de la surface de l’une est en effet attirée par l’autre provoquant une déformation des deux étoiles. Celles-ci prennent alors une forme ovale, elliptique et ne peuvent plus être résolues (vues) avec un simple instrument optique. On décompose alors la lumière émise par ces étoiles avec un spectrographe. On obtient ainsi des spectres dit d’absorption dans lesquels apparaissent des raies sombres. L’observation d’un décalage de ces raies permet de mettre en évidence le mouvement d’une étoile autour de l’autre comme nous vous l’expliquions de manière plus détaillée dans notre article de blog Auriga, le Cocher .

Image Mouvement d'une binaire spectroscopique

 Mouvement d’une étoile binaire spectroscopique

Quant au terme « à éclipse » il illustre simplement le fait que ces deux étoiles se tournent autour dans un plan incluant la ligne de visée de l’observateur. Autrement dit, les deux étoiles passent à tour de rôle l’une devant l’autre, masquant alternativement la lumière émise par l’une ou par l’autre. En résulte une variation de l’intensité lumineuse perçue lorsque nous observons ce système binaire à contact à éclipses.

L’étoile multiple Epsilon de la Lyre

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Un peu au-dessus de l’étoile Véga, sur la gauche, un objet bien connu des astronomes amateurs, l’étoile Epsilon de la Lyre, surnommée  « étoile double double » par ceux-là mêmes  qui ne manquent pas de la pointer ou plutôt de « les » pointer au télescope pour tester la bonne résolution de leur instrument.(instrument d’au moins 100 mm de diamètre) : Epsilon Lyrae est en effet une étoile multiple, plus exactement un système d’étoiles de deux fois deux étoiles. Quatre étoiles blanches d’environ deux fois la masse de notre Soleil. Ces 2 couples d’étoiles sont visibles avec une bonne paire de jumelles. La distance séparant les étoiles dans chaque couple  représente environ quatre fois la distance qu’il y a entre celle de la planète naine Pluton et notre Soleil. Quant aux deux couples, leur distance existant entre eux représente le double environ de celle qu’il pourrait y avoir entre la Terre et le fameux et hypothétique Nuage de Oort, présumé réservoir à comètes (en savoir plus sur le Nuage de Oort . Ne soyez donc pas surpris de voir deux fois deux tout petits points blancs assez éloignés l’un de l’autre dans votre viseur bien que ces étoiles sont éloignées d’au-moins 160 années-lumière de la Terre !

M57, la nébuleuse de l’Anneau

https://fr.wikipedia.org/wiki/N%C3%A9buleuse_de_la_Lyre#/media/File:M57_The_Ring_Nebula.JPG

M57, nébuleuse de l’Anneau -Hubble Space Telescope


Si vous pointez maintenant votre petit instrument (75 mm) presque au centre de et légèrement en-dessous de la ligne imaginaire qui relie les étoiles Sulaphat et Sheliak vous pouvez observer comme une étoile floue, diffuse. En installant un instrument d’au-moins 120 mm de diamètre, l’objet visé se présentera vous sous la forme d’un disque et même d’un anneau. Anneau que vous imagineriez pouvoir glisser au doigt de votre promise. Mais détrompez-vous, cet anneau est une nébuleuse planétaire, nuage de gaz et de poussières autour d’une étoile en fin de vie, dont le diamètre est d’environ de près de 2,4 années-lumière !

M57, c’est son nom est un objet du catalogue Messier*. Si on lui accorde un âge situé entre 3000 et 6000 ans, elle n’est connue et observée que depuis le XVIIIème siècle. En son centre, une naine blanche*, étoile débarrassée de ses couches de gaz superficielles.

Et pour terminer ce voyage d’observation, une vidéo pour approcher au cœur de la Lyre :

 

Bonne observation !


 
*Les Ménades : Dans la mythologie grecque, elles sont les accompagnatrices de Dionysos (Dieu du vin) et personnifient les esprits orgiaques de la nature.
 
*Parallaxe : méthode consistant à mesurer l’écart angulaire qui existe entre deux directions de visée d’une même étoile observée de deux « endroits différents » en mettant à profit le mouvement de la Terre autour du Soleil. En fait d’endroit, on entend une variation de la position de la Terre sur son orbite et non une variation de la position de l’observateur à la surface de la Terre. 
 
*Précession des équinoxes : relire notre article de blog sur la Course des Ourses Célestes. 
 
*Naine blanche : dernier stade la vie d’étoiles dont la masse initiale n’excède pas 8 à 10 fois celle du Soleil. Ces résidus d’étoiles ont typiquement une masse proche de la masse solaire après avoir « expulsé » (expulsion lente) une partie de la matière qui composait l’étoile initiale. Leur volume avoisine celui de la Terre. Ceci en fait des objets célestes particulièrement denses.
 
*Catalogue Messier : * Catalogue des nébuleuses et des amas d’étoiles, créé en 1774 par Charles Messier, où sont répertoriés les objets d’aspect diffus afin d’aider les chercheurs de comètes à ne pas confondre celles-ci avec d’autres objets telles que les nébuleuses, les amas d’étoiles et aujourd’hui les galaxies.
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