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La Couronne boréal, diadème du ciel printanier


Classé dans : Etoiles & Constellations Toutes les nouvelles du ciel

 

La Couronne boréale serait-elle la plus « précieuse » des constellations du ciel boréal ?

La Couronne boréale ne l’est sans doute pas, mais elle est l’une des plus anciennes* connues et des plus petites que l’on voit accrochée à la voûte étoilée entre la constellation d’Hercule et celle du Bouvier, les nuits de printemps. Certainement aussi l’une des seules dont la forme correspond bien au nom : 7 étoiles disposées en arc de cercle dessinant un diadème. D’autres étoiles appartiennent à la Couronne mais sont pour la plupart invisibles à l’œil nu. Le qualificatif de « boréale » fait référence à sa position sur la voûte étoilée : « Borealis » en latin désignait un vent du nord. L’adjectif souligne ici son appartenance à notre hémisphère. Une couronne septentrionale, donc.

Une Couronne boréale, apanage des dieux

Elle serait la couronne du dieu grec Héphaïstos qu’il aurait offerte à Ariane, la fille de Minos le jour de ses fiançailles. A moins qu’elle ne fût, comme le prétend  une autre légende grecque, celle d’Ariane elle-même, que Dionysos, amoureux fou de la jeune fille, aurait lancé au ciel affirmant ainsi à la jeune fille son appartenance à la caste des Dieux de l’Olympe. Une autre version, romaine et moins romantique raconterait que Bacchus (l’équivalent pour les romains du Dionysos grec) ivre et sommé par ses amis de prouver également son statut de Dieu ; avec élan, aurait projeté sa couronne sur la sphère céleste. Couronne qui dans les trois cas, ne serait pas retombée sur Terre. Preuve de cette appartenance ! Ainsi, aujourd’hui encore, on peut, pour notre plus grand plaisir, l’observer lors des nuits vernales.

Dans la mythologie des indiens Blackfoot d’Amérique du Nord, société proche de la nature, elle serait le dieu Araignée qui surveille la Terre depuis sa toile. La voie lactée étant le fil avec lequel elle descend sur Terre. Les chinois imaginent dans son astérisme une prison où ne serait-ce pas plutôt une muraille encerclant leur territoire ?

Des étoiles de « prestige » dans la Couronne Boréale ?

Au centre de cette couronne, se tient son étoile la plus brillante  Prénommée Gemma, (le joyau) par les romains et Alphecca par les grecs anciens. Etoile blanche (lire la couleur des étoiles), elle est distante de 72 années-lumière et possède une compagne. Cette dernière éclipse Alphecca (Gemma) sur une période de 17 jours durant laquelle son éclat varie légèrement. Variation trop faible pour l’observer à l’œil nu, mais qui fait d’Alphecca, une étoile binaire à éclipses.

Nusakan, qui est située au-dessus d’Alphecca (Gemma) est la seconde étoile la plus lumineuse de cette constellation. Si l’on pointe un petit télescope dans sa direction, on découvrira qu’elle possède elle aussi, une compagne.

θ CrB, l’étoile la plus proche de l’épaule gauche du Bouvier est moins brillante que les deux précédentes mais bien visible dans un ciel dégagé. Trois fois plus lumineuse que notre Soleil, sa vitesse de rotation à l’équateur est 200 fois plus élevée que celle de ce dernier. Cette vitesse est inhabituelle car même si les étoiles composées de plasma tournent différemment des planètes et plus vite, la vitesse excessive à l’équateur de cette étoile reste inexplicable à l’heure actuelle pour les scientifiques.

A gauche d’Apphecca, trois autres étoiles de faible magnitude dessinent l’autre partie de la Couronne. Vous les distinguerez plus facilement lors de nuits sans Lune et sans la moindre pollution lumineuse.

Une Couronne boréale aux étoiles espiègles

Si vous pointez votre regard sous l’avant dernière étoile qui forme le diadème, en direction de la constellation d’Hercule, vous ne voyez sans doute rien, car l’étoile qui s’y trouve, l’étoile T CrB a une magnitude apparente d’environ 10, c’est-à-dire qu’elle est invisible à l’œil nu mais son l’éclat s’est accru à deux reprises d’une façon spectaculaire. La première fois, ce fut en 1866 : sa magnitude atteignit 2. Dans un de ses ouvrages*, l’écrivain Anatole France relate cet événement. L’étoile devait briller un mois pour de nouveau s’effacer avant de se « rallumer » en 1946 et s’éteindre à nouveau. On nomme ce type d’étoiles des « nova récurrentes ». Il n’est pas impossible qu’elle réapparaisse un jour et vous aurez peut-être la surprise d’assister à ce phénomène et d’admirer ainsi cette étoile.

A l’intérieur de la Couronne, les scientifiques ont détecté, une étoile qui fluctue de manière imprévisible qu’ils ont baptisé R CrB. De magnitude 6 (invisible à l’œil nu), son éclat peut varier jusqu’à redescendre jusqu’à la magnitude 15. On surnomme ce type d’étoile « smoker » (fumeur). Elle est en effet entourée de façon occasionnelle de poussières de carbone qui absorbent sa lumière. Quand les nuages se dispersent, l’étoile brille de nouveau intensément pour atteindre son éclat maximum. Eclat, bien sûr, qui reste insuffisant pour l’observer à l’œil nu.

Si vous souhaitez en savoir plus sur ce type d’étoiles, voici un lien qui vous en apprendra plus sur ces smokings stars 

Une couronne boréale truffée de super amas de galaxies

Si la couronne boréale ne recèle pas de nébuleuses, elle est riche de super amas de galaxies. Amas distants d’un milliards d’années-lumière observables uniquement par les astronomes à l’aide d’instruments puissants. Dans l’un de ses supers amas, se niche un amas de galaxies remarquable par le nombre et la variété de ses galaxies. Baptisé « A2065 » et célèbre dans la communauté scientifique grâce à Edwin Hubble, qui, dans les années 30, le découvrit et l’étudia. Il fait ainsi parti des amas qui observés par lui et Milton Humason permirent d’affirmer que dans l’ensemble, les galaxies ont tendance à s’éloigner de nous. Eloignement qui se produit d’autant plus rapidement que les galaxies en question sont distantes de nous. Ces observations permirent d’affirmer que la structure de notre Univers était en expansion. Il compara ses mesures spectroscopiques à celles faites par un autre astronome (Milton Hummason) sur une galaxie d’un autre amas. Remarquant que leur spectre se décalait vers le rouge*, il déduisit qu’un grand nombre des galaxies s’éloignaient, que la distance entre elles et le volume de l’Univers augmentaient. Il put prouver ainsi que l’Univers était en expansion.

Une Couronne dans l’hémisphère Sud

Une seconde Couronne dite « australe »Jetée par le Sagittaire par inadvertance ou par jeu, au firmament, cette couronne, visible depuis l’Espagne, car proche de l’équateur céleste, appartient pourtant bien à l’hémisphère Sud.  Le qualificatif « australe » qu’on lui a ajouté vient du latin et se rapporte cette fois-ci au « vent du midi ». Une Couronne méridionale en quelque sorte !  Son étoile principale se nomme d’ailleurs « Alfecca Meridiana ».

Proche de l’astérisme de la « Théière » (constellation du Sagittaire), la disposition de ses étoiles est moins caractéristique que celles de la Couronne boréale et dans l’ensemble, ses étoiles brillent plus faiblement. Elle est souvent représentée par une couronne de lauriers, l’attribut des dieux, des vainqueurs et des souverains. Si aucun des objets célestes de la Couronne australe n’est visible à l’œil nu, elle en possède pourtant beaucoup plus que son pendant, la Couronne boréale : Amas globulaires, nébuleuses par réflexion et même une des sept étoiles à neutron les plus proches de nous (1 140 années lumière !).

Si toutefois, vous vous rendiez en Espagne à la saison estivale et que vous possédiez une paire de jumelles ou un télescope, ne manquez pas de les pointer vers cette constellation.

Bonne observation

*déjà répertoriée dans le catalogue d’étoiles « L’almageste » de Ptolémée au IIiéme siècle avant Jésus-Christ
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Carte de la lune


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