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Etoiles filantes : pourquoi sont-elles si nombreuses en été ?


Classé dans : Etoiles & Constellations Phénomènes célestes Toutes les nouvelles du ciel

Ne nous le cachons pas, le sujet « étoiles filantes » fait partie des marronniers de la chronique astronomie estivale. Preuves en sont les articles[1] qui fleurissent sur internet au mois de juillet, nous incitant à lever les yeux au ciel pour contempler les pics d’activité des pluies d’étoiles filantes Pisces Austrinides, delta Aquarides du Sud et alpha Capricornides fin juillet.

Nous aurions donc pu faire l’impasse sur le sujet déjà abondamment traité et que nous avions traité (étoiles filantes : légendes et éralités) l’été passé, si une question d’une de nos abonnés Facebook n’avait pas piqué notre curiosité. Celle-ci nous demandait s’il pouvait valoir le coup de s’allonger dans l’herbe avec une couverture afin de contempler ces trois pluies d’étoiles filantes comme le conseillait le site du démotivateur. Avec cette question, nous nous sommes penchés sur la manière dont la presse internet traitait le sujet et avons eu envie de décortiquer trois éléments qui prêtaient parfois à confusion.


Les pluies d’étoiles filantes, un phénomène somptueux et récurrent

Ce que nous avons cru lire à travers les lignes de la question adressée par notre internaute, c’est la nécessité de ne pas laisser filer l’occasion d’observer ces trois pluies d’étoiles filantes. Pour comprendre si cela est justifié, revenons sur ce que sont ces pluies d’étoiles filantes.

Une étoile filante ou météore est le résultat de l’entrée dans notre atmosphère d’un débris rocheux. Celui-ci vient interagir avec les composants de l’atmosphère qu’il traverse produisant une trainée lumineuse qui illumine le ciel le long de sa trajectoire. Lorsque nous contemplons la voûte céleste au hasard, la fugacité du phénomène, le sentiment d’avoir regardé au bon endroit au bon moment laisse toujours un sentiment de satisfaction. L’observation d’une étoile filante est dans la croyance populaire l’occasion de faire un vœu. Lorsque ces débris sont isolés et traversent notre champ d’observation de manière impromptue, il ne faut évidemment pas évincer le facteur chance …

Il en va autrement pour les pluies d’étoiles filantes. Dans ce cas précis, les débris entrant dans notre atmosphère proviennent dans la plupart des cas de comètes, ces corps glacés en orbite autour du Soleil. Celles-ci, à la manière des cailloux du Petit Poucet sèment derrière elles des nuages de poussières, témoignages de leur passage. Dans certains cas, le chemin ainsi « dessiné » par les comètes à travers l’espace croise celui emprunté par la Terre dans sa révolution autour du Soleil. Lorsque nous arrivons en ce point particulier de l’orbite terrestre, les débris pénètrent alors dans notre atmosphère créant de véritables pluies d’étoiles filantes. Ces points de croisements sont bien identifiés, et notre planète réalisant une révolution autour du Soleil en 365,25 jours, nous y passons tous les ans à la même période de l’année. Ceci donne un caractère récurrent aux pluies d’étoiles filantes. La période estivale n’est d’ailleurs pas la seule concernée puisque plus d’une centaine d’essaims de météores sont actifs. De telles pluies se produisent donc toute l’année et les 27, 28 et 29 juillet ne sont pas les seules dates à cocher à son calendrier.

Croisement de l’orbite terrestre avec celles de comètes à l’origine des essaims de météores des perséïdes, géminides et quadrantides


Des pluies plus ou moins intenses

Nous n’avons donc toujours par résolu le dilemme de notre internaute. Quand devons-nous sortir notre couverture pour observer des étoiles filantes ? En réalité, tout dépendra de la morphologie de l’essaim de météores et du lieu d’observation.

L’essaim peut être plus ou moins étendu et les pluies d’étoiles filantes peuvent donc s’étirer sur une période allant de quelques heures à plusieurs semaines avec un pic d’activité au moment où nous traversons le cœur de l’essaim. Ce sont à ces pics que correspondent les dates du 27, 28 et 29 juillet et qui le plus souvent sont mentionnés dans la presse puisqu’ils maximisent vos chances d’observer une étoile filante. Les mêmes articles s’appuient régulièrement sur une grandeur utilisée par les astronomes, le Taux Horaire Zénithal (THZ). Ce taux est une évaluation du nombre moyen d’étoiles filantes qu’un observateur pourrait dénombrer s’il bénéficiait de conditions météorologiques parfaites et si la pluie d’étoiles filantes se produisait au beau milieu du ciel (au zénith). Il est très utile pour comparer l’intensité des pluies d’étoiles filantes entre elles. Cependant, il est parfois trompeur …

Combien vais-je pouvoir observer d’étoiles filantes ?

C’est finalement la question cruciale que se posait notre internaute. Et bien évidemment c’est celle à laquelle il est le plus difficile de répondre. Le Taux Horaire Zénithal utilisé régulièrement a tendance à surestimer le nombre d’étoiles filantes que vous finirez par dénombrer. Au-delà des conditions météorologiques, le lieu d’observation va jouer son rôle.

Lorsque nous croisons un essaim de météores, ceux-ci semblent surgir d’une même direction du ciel (le radiant).[2] Entendez par là que si nous nous amusions à prolonger de part et d’autre la trace laissée par chaque étoile filante observée sur l’intégralité de la voûte céleste, l’ensemble des traces viendrait converger en un point central. Lorsque les astronomes indiquent le nombre d’étoiles filantes observables à un instant donné, ils partent du principe que ce point se situe juste au-dessus de vous en plein centre du ciel et qu’un minimum d’étoiles filantes échappe à votre vue. La réalité sera le plus souvent toute autre et il faudra à nouveau vous attendre à observer un nombre d’étoiles filantes plus faible qu’indiqué dans les articles que vous aurez lus.

Pour vous installer sous les étoiles avec votre couverture, nous vous conseillons donc de choisir les pluies d’étoiles filantes les plus intenses. Mentionnons, les Perséïdes qui ravissent les participants des Nuits des Etoiles au début du mois d’août mais aussi les Quadrantides en janvier ou bien les delta Aquarides du Sud que mentionnaient les articles de presse qui ont suscité ce billet de blog. Repérez ensuite la constellation d’où les étoiles filantes sembleront provenir : Persée, le Bouvier, le Verseau. Si celle-ci occupe une position assez haute dans le ciel, vous maximiserez vos chances d’observation.

Et enfin armez-vous de patience. La chance vous sourira peut-être …


 

[1] http://www.demotivateur.fr/article/etoiles-filantes-pluie-meteores-astronomie-magique-juillet-6593

http://france3-regions.francetvinfo.fr/provence-alpes/nos-conseils-pour-observer-une-pluie-d-etoiles-filantes-ce-soir-et-demain-1056283.html

http://sciencepost.fr/2016/07/soir-jusqua-fin-mois-ne-ratez-trois-pluies-detoiles-filantes/

[2] La pluie d’étoiles filantes prend en règle générale le nom de la constellation d’où elle semble provenir.

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Carte de la lune


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