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La constellation de La Vierge, dame du ciel de printemps


Classé dans : Etoiles & Constellations Toutes les nouvelles du ciel

Blog Image Vierge asterisme et portrait

En avril, les nuits sont certes encore fraîches, mais le printemps est là et déjà vous éprouvez la curiosité d’observer les modifications dans le ciel nocturne.

Histoire de retrouver vos repères, vous recherchez d’abord le Nord. L’étoile polaire est toujours à la même place. Quant aux étoiles de la Grande Ourse, dans leur révolution apparente autour de la Terre, et comme ravigotées par la température plus douce, elles ont regrimpé sur l’horizon tandis que Cassiopée glissait au ras.


Les étoiles de la constellation de la Vierge

Le Nord retrouvé, vous tournez votre regard vers le Sud et tout naturellement il se porte vers le Sud-Est, attiré qu’il est par l’éclat vif et bleuté d’une étoile. Cette étoile, reine du ciel de Printemps et étoile principale de la constellation de la Vierge, se nomme Spica. Prénommée également l’Epi (traduction française de Spica) en raison de son apparition à l’époque des moissons durant toute l’antiquité Derrière cet épi, se cachent en réalité deux étoiles, indiscernables à l’œil nu, mais contribuant chacune à son intense luminosité.

Les yeux toujours fixés sur Spica, vous ne voyez pas sa luminosité subir une légère variation. Mais pourtant, les deux voisines se déforment mutuellement et passent à tour de rôle l’une devant l’autre entraînant une variation de la magnitude apparente de Spica. Vue de la Terre, cette variation est trop subtile, les deux étoiles étant si proches l’une de l’autre qu’il est impossible de discerner. On dit de Spica, comme des autres systèmes composés de deux étoiles s’occultant à tour de rôle, qu’elles sont des étoiles binaires à éclipse.

L’astérisme discret de la Vierge

Renseignés sur Spica, vous continuez votre observation et recherchez les autres étoiles de la constellation de la Vierge. Il faut bien admettre que ces dernières ne sont pas toutes très visibles pour un œil non exercé (entraîné) d’autant que la forme de son astérisme n’évoque guère une silhouette féminine. Outre un ciel environnant pauvre en étoiles, ce soir, vous bénéficiez, pour localiser les siennes, d’un ciel clair, et à cette saison, de deux autres étoiles du Printemps particulièrement brillantes, perchées plus haut dans le ciel : Arcturus, l’étoile principale du Bouvier et Dénébola, l’étoile de la queue du Lion. Ces deux étoiles ajoutées à Spica dessinent d’ailleurs ce qu’on appelle le Triangle du Printemps (Les trois étoiles les plus brillantes du ciel du Printemps.)

A l’aide de votre carte du ciel, si vous en possédez une ou grâce à notre illustration ci-dessus, vous prenez comme point de départ l’étoile Spica, main gauche de la Vierge  et vous tracez une ligne imaginaire vers l’étoile Dénébola de la constellation du Lion.

Vous croisez alors trois étoiles assez proches les unes des autres. La plus proche d’entre elles est Porrima (du nom de la déesse romaine de la prophétie). Voisine de la constellation de la Coupe, elle symbolise le creux du coude du bras gauche de la Vierge qui vous fait face. La seconde étoile est Zaniah, placée au-dessus de la précédente mais légèrement plus basse sur l’horizon. Elle indique un point de son épaule gauche. La troisième étoile, située à la gauche de Porrima, est Auva et symbolise son sternum. Vous pointez de nouveau votre regard sur Zaniah, et le relevez, d’environ deux fois la distance la séparant de Porrima. Vous remarquez une étoile à proximité de Dénébola : son nom est Zavijah. Elle désigne un point de son front. A mi-chemin, entre les étoiles Arcturus du Bouvier et Dénébola du Lion, mais légèrement en-dessous, vous voyez briller l’étoile Vindémiatrix, la « Vendangeuse ». Point du bras droit de la Vierge. C’est une géante rouge.

De nouveau à partir de Spica, vous tracez une ligne imaginaire vers l’étoile principale du Bouvier : Arcturus et vous croisez l’étoile Heze, genou droit de la Vierge. En portant votre regard sous Heze et Spica, vous apercevez les deux étoiles qui délimitent le bas du corps de la vierge : Syrma, base de son mollet gauche et sous elle, l’étoile Rijl Awwa, pointe de son pied gauche.

La Vierge, constellation de l’écliptique

La Vierge, avec Cassiopée et Andromède est une des seules représentantes de la gente féminines à se partager la voûte céleste. Elle y occupe un grand espace dans le ciel boréal au printemps. C’est même la seconde constellation par sa superficie après celle de la Grande Ourse. Constellation du zodiaque, elle se tient allongée entre les deux hémisphères, sur cette ligne imaginaire que suivent le Soleil et les planètes: l’écliptique. Sur ce lieu de passage, la Lune parfois s’aventure et il peut arriver qu’elle cache momentanément (qu’elle occulte) certaines des étoiles de la Vierge.

Blog Image Vierge Sala

 La Vierge, une constellation  aux multiples portraits

Dans la mythologie, au gré des civilisations, la constellation de la Vierge a représenté la figure de nombreuses déesses et jeunes femmes : elle fut sans doute Sala chez les Mésopotamiens, Isis chez les égyptiens, Demeter, Persephone (Coré), Astrée, Erigone, Parthenos pour les Grecs, ou encore Ceter pour les Romains. Représentée avec un épi de blé, une balance, ou (et) une corne d’abondance à la main et parfois parée d’ailes, la Vierge était dans l’Antiquité, traversée par le Soleil à l’Equinoxe d’Automne. Le lever héliaque de deux de ses étoiles cadrait alors avec les moments phares de la vie paysanne : Spica se levait sur l’horizon approximativement à la date des moissons, tandis que Vindémiatrix, tel un grain doré de raisin, apparaissait à celle du début des vendanges.

La Vierge et sa « grappe de galaxies »

Votre regard se porte à présent vers l’étoile Vindémiatrix et sur la frontière Nord de la constellation de la Vierge. C’est là que se situe une vaste et massive étendue de galaxies connue sous le nom d’ « Amas de galaxies de la Vierge ». Il occupe un volume identique à notre Amas Local* (environ 10 à 15 millions d’année-lumière de diamètre) mais il comprend cinquante fois plus de galaxies. Sa partie centrale en contiendrait au moins 2000. La majorité d’entre elles sont de petites galaxies, mais certaines, comme la galaxie super géante de forme elliptique, M87, située à « seulement » 54 années-lumière de nous, est si grosse d’étoiles et brillante qu’elle est observable avec un bon instrument d’amateur dans lequel elle apparaîtra sous une forme ronde et très lumineuse.

M87,  galaxie super-géante au trou noir super massif

Au cœur de M87, se cache un trou noir super massif (6,8 milliard de fois la masse du Soleil). Il en constitue le noyau galactique actif*d’où jaillit un jet de matière fortement ionisée (plasma), source puissante de rayonnement dans toutes les gammes de longueurs d’ondes. Une aubaine pour les chercheurs qui peuvent ainsi l’étudier. Ceux des stations hollandaises LOFAR* s’intéressent ainsi à l’émission radio à proximité de M87 et ont ainsi dessiné les contours de gigantesques bulles de particules éjectées à toute vitesse du trou noir.. Etude de M87 par LOFAR 

La galaxie du Sombrero

Votre regard redescend  maintenant vers Spica et la constellation du Corbeau. Un autre objet, invisible à l’œil nu mais très connu des astronomes amateurs se cache dans cette région du ciel : c’est la galaxie du Sombrero. Située seulement à 29,3 millions d’années-lumière, elle reste malgré tout peu facile à localiser en raison de sa faible hauteur sur l’horizon. Et pourtant un petit télescope devrait vous la révéler. Il suffira de viser Algorab du corbeau, puis de remonter légèrement le tube optique de votre instrument, en direction de la Vierge pour apercevoir une petite tour Eiffel couchée, symbolisée par 4 étoiles : La galaxie se trouve à proximité de la pointe de cette tour.

A l’époque de sa découverte, dans les années 1780, il était difficile d’imaginer qu’il put exister d’autres galaxies que la nôtre (l’astronome Herschel l’avait déjà envisagé) et le Sombrero dont on ne connaissait pas encore l’éloignement, fut d’abord classé comme nébuleuse. Il fallut attendre pour véritablement confirmer l’existence d’autres galaxies que la nôtre et déterminer que la galaxie du Sombrero se tenait à 28 millions d’années-lumière de nous. En 1914, l’astronome américain, Vesto Sliphe, observant le décalage vers le rouge* du spectre lumineux émis par le Sombrero, s’aperçut que la vitesse de son déplacement était très rapide (1000 km/s).pour qu’il puisse appartenir à la Voie Lactée. Par la suite, cette découverte devait permettre à un autre astronome américain, Edwin Hubble d’avancer le concept d’un Univers en expansion.

Il se fait tard. Vous vous frottez les yeux et  fatigué mais heureux de votre exploration du ciel nocturne, vous décidez d’aller vous coucher en rêvant déjà de votre prochaine soirée d’observation.


*LOFAR : instrument d’interférométrie européen au réseau d’antennes de basse fréquence installées dans plusieurs pays d’Europe, dont certaines à Nançay (https://www.obs-nancay.fr/LOFAR-le-tres-grand-reseau-basses.html ).

*Noyau galactique actif : :noyau de galaxie notable par sa luminosité et important producteur d’énergie sous forme de rayonnement dont des ondes radio. Virgo A est un parfait exemple de « radioagalaxie ».

*décalage du spectre vers le rouge : ce décalage est un cas particulier de l’effet Doppler-Fizeau qui stipule que : lorsque la source d’une onde (lumineuse, sonore …) émettant à une fréquence (ou longueur d’onde) donnée est en mouvement par rapport à un observateur, celui-ci la perçoit avec une fréquence (ou longueur d’onde) différente de celle d’émission. Dans le domaine de la lumière visible cela conduit à une variation de la couleur perçue par l’observateur par rapport à la couleur réelle d’un objet.
Dans le cas où un objet s’éloigne de l’observateur, ce décalage tend vers le rouge. L’amplitude de l’effet permet quant à elle de mesurer la vitesse de l’objet par rapport à l’observateur. Pour déterminer cette amplitude, on s’appuie sur l’existence de couleurs absorbées par l’environnement gazeux autour ou au sein de l’objet dans le cas de la galaxie du Sombrero. On parle de raies spectrales. Leur position théorique en l’absence de mouvement sert alors de référence.

 

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Carte de la lune


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