Suivez-nous : Facebook Twitter Google Plus

Comment reconnaître ce que l’on voit dans le ciel nocturne ?


Classé dans : Etoiles & Constellations Planètes Toutes les nouvelles du ciel

« Le ciel en nuit, s’est déplié
Et la Lune semble veiller… »

écrivait le poète Emile Verharen. Oui mais que la Lune veille ou ne veille pas, cela ne nous empêche pas parfois d’être troublés par différents objets célestes naturels et artificiels qui traversent le ciel nocturne. Imaginez que sur cette voûte, objets en tous genres s’y suivent ou s’y croisent : étoiles, planètes, bolides, comètes, satellites artificiels et à moindre altitude : ballons sonde, avions, lampions chinois et … oiseaux …

De quoi avoir des doutes sur ce que l’on observe. Les appels que nous recevons parfois tendent d’ailleurs à le prouver. D’où l’idée d’un glossaire à l’usage des curieux pour recenser ces objets et leur aspect.


Les étoiles

6000 d’entre elles sont visibles à l’œil nu. Mais toutes n’ont pas le même éclat : certaines se distinguent par une forte luminosité et peuvent  même être visibles à l’aube ou au crépuscule. Ces étoiles bien que fort éloignées, sont de masses beaucoup plus importantes que notre Soleil, expliquant cette forte luminosité.

C’est le cas d’Arcturus du Bouvier visible au printemps, de Capella du Cocher en automne, de Vega de la Lyre en été et de Sirius (étoile la plus lumineuse du ciel, hémisphère Nord et Sud compris) du Grand Chien en Hiver.

Suivant leur température, les étoiles rayonnent différentes couleurs et certaines peuvent être confondues avec une planète ou avec un phénomène aérospatial non identifié. Dans notre hémisphère nord, quelques-unes se distinguent :

 Antarès

Etoile principale de la constellation du Scorpion, Antarès est une étoile orangée très basse sur l’horizon sous notre latitude et visible en été au Sud. Souvent identifiée à tort avec la planète Mars et ceci depuis fort longtemps puisque son nom signifie en grec : Anti Mars.

 Betelgeuse

Etoile principale de la constellation d’Orion, Bételgeuse est observable en hiver au Sud. Elle est d’une teinte orangée assez marquée lorsqu’elle est vue sous un ciel noir exempt de pollution lumineuse.

      Arcturus

Etoile principale de la constellation du Bouvier, Arcturus est étoile orangée visible au printemps et en été.

  Véga

Etoile principale de la constellation de la Lyre, Véga est une étoile bleue visible en été.

Automne, hiver, printemps, été, au fil des saisons les étoiles glissent sur la voûte céleste. Même si ce changement se fait lentement, en fonction de la période de l’année des étoiles différentes feront donc leur apparition au-dessus de l’horizon. Ainsi, en cas de doute, que ce soit pour les trois citées précédemment ou d’autres, il peut être intéressant de s’aider d’une carte du ciel pour savoir si ces étoiles sont présentes dans le ciel du soir avant de penser à la présence d’un PAN***.

Les étoiles ne sont pas les seuls astres à glisser sur la voûte étoilée. D’autres se frayent un chemin beaucoup plus rapidement…


Les planètes

Les planètes sont des astres vagabonds beaucoup plus proches que les étoiles qui apparaissent sous la forme d’une tache tandis que les planètes gardent un aspect ponctuel, celui d’un point lumineux. Ne reflétant que la lumière du Soleil, elles scintillent peu, à moins qu’elles ne se soient très basses sur l’horizon, et que leur lueur soit perturbées par la turbulence atmosphérique. Elles traversent une région du ciel bien identifiée que l’on appelle le Zodiaque.

Arnaud Liégeois, médiateur scientifique au Pôle des Etoiles

La planète Vénus

Proche du Soleil, la planète Vénus est visible dès l’aurore ou au crépuscule. Elle passe au-dessus de l’horizon avant le lever du Soleil et passe en dessous de l’horizon après son coucher. C’est l’objet le plus lumineux après notre satellite, la Lune.

La planète Mars, par sa couleur caractéristique orange (due à la présence importante d’oxyde de fer dans son sol) peut intriguer l’observateur. D’autant plus que certaines années elle apparaît plus lumineuse car plus proche de la Terre.

A noter : En 2016, la configuration des orbites de la Terre et Mars a conduit à un rapprochement des deux planètes. Mars était ainsi particulièrement visible. Attention néanmoins aux exagérations ! Au cours des dernières années, de nombreux mails ont circulé pour annoncer que Mars apparaissait aussi grosse que la pleine Lune dans le courant du mois d’août 2016. Ce qui ne fut pas le cas et est par ailleurs impossible.

La planète Jupiter est également très brillante et est considérée comme le quatrième astre le plus éclatant du ciel. Quant à la planète Saturne, si elle est moins brillante que les deux planètes précédentes, elle se distingue tout de même par sa teinte tirant vers le jaune.

A savoir, les planètes ne sont pas visibles toute l’année. Un bon moyen de savoir s’il s’agit vraiment d’une planète est d’observer l’objet avec une bonne paire de jumelles si vous en possédez une. Vous pourrez peut-être alors discerner une forme arrondie. Mais pour avoir la certitude qu’il s’agît bien d’une planète, le mieux sera de consulter les éphémérides avant de vous précipiter pour prévenir la gendarmerie.


Les bolides

Nous sommes a priori tous capables de reconnaître les étoiles filantes les plus communes, petites traînées lumineuses qui traversent le ciel. Mais certaines sont plus impressionnantes et sortent de l’ordinaire. On les nomme bolides.

Photo Thomas Grau

Une explosion sur la voûte étoilée !

http://www.reforme-meteor.net/bolide-du-17-janvier-2015-22h08-tu/

Ces bolides sont de super étoiles filantes (ou météores) qui, lorsqu’ils entrent dans l’atmosphère, s’enflamment. Spectacle coloré surprenant, digne d’une fusée de feu d’artifice. Sans danger pour celui ou celle qui l’observe. La traînée lumineuse est plus ou moins longue suivant le poids de l’objet (du caillou de quelques kilos au rocher de quelques tonnes). Ce dernier se désintègre avant d’arriver sur Terre et si ce n’est pas le cas, on ne l’appelle plus bolide, mais météorite.

Pour en savoir plus : https://www.obspm.fr/bolide-dans-le-ciel-francais.html


Les satellites artificiels

Au-delà des objets naturels, depuis une cinquantaine d’années, des satellites artificiels parcourent la voûte céleste en grand nombre. Visibles plus souvent en début de nuit ou au lever du jour. Le Soleil les éclairant, suivant leur position et celle de l’observateur, la Terre peut s’intercaler entre les deux, ce qui les rend invisibles.

Parmi ceux-là, on trouve :

L’ISS :

L’ISS, la Station Spatiale Internationale habitée,  qui a récemment défrayé la chronique avec l’arrivée à son bord du 10ème français envoyé dans l’espace : Thomas Pesquet. En orbite terrestre basse**, l’ISS est un satellite d’une magnitude apparente* rivalisant parfois, lorsqu’il est haut dans le ciel, avec celle de la planète Vénus. La station traverse le ciel de part en part en quelques minutes. La vitesse de déplacement régulière et équatoriale et sa couleur blanche très brillante, due à sa très grande taille et à ses panneaux solaires, permettent de l’identifier facilement. Si un doute subsistait, vous pouvez vous assurer que c’est bien l’ISS que vous avez observé, en consultant ce site : http://www.heavens-above.com/

L’ISS vue du ciel

Quelquefois cette station se manifeste autrement que par son déplacement et son éclat, mais par un phénomène surprenant qui pourrait laisser perplexe un grand nombre d’observateurs.

Témoignage de notre collègue Philippe :

« Le 14 août 2001, quelques amis et moi observions le ciel. Soudain vers 23 heures, un panache gris et diffus de la taille d’une pleine Lune apparut dans le ciel. Il se mit à tournoyer plusieurs fois avant de disparaître. Quelques semaines plus tard, mes amis et moi apprenions qu’il s’agissait de la Station Spatiale Internationale (ISS) qui se débarrassait de ses eaux usées. L’eau est en grande partie recyclée, mais régulièrement un surplus est évacué dans l’espace. Dans le vide spatial et à -150 degrés, elle se cristallise instantanément ce qui produit ce panache. » Ce phénomène avait déjà été observé en 1995 et 1999 lors des missions STS 73 et STS 103 des navettes spatiales américaines.

Les satellites géostationnaires (de télécommunications ou météorologiques) :

Ils orbitent à 36 000 km, ce qui les place exactement à la verticale d’un lieu. Cette distance plus lointaine que celle de l’ISS leur donne une luminosité apparente beaucoup plus faible. Dans un ciel dégagé, ils se révèlent comme de petits points blancs tels des étoiles très éloignées, fixes dans le ciel.

Les Iridium :

Autre type de satellites de télécommunications circulant également sur une orbite terrestre basse**. S’ils ne sont visibles que de façon intermittente, ils produisent une lumière intense bien que fugitive (de quelques secondes seulement), qui peut surprendre l’observateur : le Soleil se reflétant sur leur trois antennes en aluminium. Comme pour les autres satellites qui ont été précédemment présentés, l’orbite de ces satellites est parfaitement connue. Il est donc tout à fait possible de prévoir leur position et de les repérer dans le ciel en consultant des sites comme : http://www.heavens-above.com/ et ce lien pour savoir comment les observer : http://philippe.boeuf.pagesperso-orange.fr/robert/physique/satellite.htm


Les avions

Entre leurs feux de navigation, leurs phares de décollage ou d’atterrissage, leurs feux anticollisions et j’en passe, les avions de ligne ou de chasse peuvent surprendre l’observateur. D’une part, parce qu’ils peuvent être silencieux, d’autre part, parce que les pilotes ne sont pas à l’abri d’un oubli d’extinction de feux.

Témoignages :

A plusieurs reprises, certains témoins relatent l’observation d’un point brillant qui se rapproche lentement. Lorsque celui-ci passe au-dessus de leurs têtes, ils comprennent alors qu’il s’agit des phares d’atterrissage d’un avion de ligne. Ce que vous observerez, c’est un point brillant se rapprochant lentement de vous et qui finira par passer à votre verticale. Profitez-en alors pour comparer la description détaillée de ces feux sur : http://home.nordnet.fr/dmorieux/signalisation0001.htm et http://faq-fra.aviatechno.net/avion/feux.php.


Le Ballon-sonde

Non habité et utilisé entre autre dans le domaine météorologique pour faire des mesures locales dans l’atmosphère il peut s’élever jusqu’à  35 km d’altitude. Il peut être composé d’une enveloppe à la couleur métallique et d’une nacelle transportant les instruments nécessaires à l’étude.  C’est le Soleil qui se reflète sur cette enveloppe qui permet de l’apercevoir au crépuscule. Sa brillance et ses légères oscillations peuvent surprendre l’observateur comme ce fut le cas pour le ballon sonde observé le 14 octobre 1954 à l’Observatoire de Haute Provence (lien : http://articles.adsabs.harvard.edu/cgi-bin/nph-iarticle_query?bibcode=1954LAstr..68..416B&db_key=AST&page_ind=0&data_type=GIF&type=SCREEN_VIEW&classic=YES) ou bien pour notre collègue Laure.

Témoignage de notre collègue Laure :

« Le 25 août 2015, au crépuscule, j’avais sorti mon télescope pour montrer la Lune à mes enfants. A peine avais-je installé le matériel que les enfants s’écrièrent en levant leur bras vers le ciel :

–         une montgolfière, une montgolfière !

Cliché de notre collègue Laure

Ballon sonde

Je  décidais de pointer mon instrument en direction de l’objet pour en avoir le cœur net, mais incertaine de ce que je voyais, je réalisais une photographie de l’objet avec mon téléphone portable et je me précipitais à l’intérieur de la maison pour ouvrir mon ordinateur. Je cliquais sur Google Image pour identifier l’objet.  Il ne s’agissait bien entendu pas d’une montgolfière, encore moins d’un PAN*** mais d’un ballon-sonde ! »

Cliché de notre collègue Laure

 Ballon sonde


Oiseaux nocturnes

Eh oui, beaucoup de grands oiseaux migrateurs volent la nuit et leurs battements d’ailes peuvent surprendre l’observateur.

Témoignage de notre collègue Philippe :

« Une nuit alors que j’observais le ciel à l’œil nu avec des amis, je vis une forme blanche par intermittence, se déplaçant haut dans le ciel. Un de mes amis qui observait avec une paire de jumelles, visa alors l’objet et s’aperçut qu’il s’agissait, tout simplement … d’un cygne ! »


Les lasers de fêtes foraines

A une certaine époque, les lasers de fête foraine, étaient peu répandues. Lors des nuits nuageuses, leur lumière laissait apparaître une tache verte qui pouvait se déplacer rapidement et intriguer l’observateur entraînant de nombreux témoignages auprès des autorités. Aujourd’hui, ce phénomène est devenu assez courant et ne suscite plus d’interrogation.


Les lanternes chinoises

Depuis une dizaine d’années, elles remplacent les feux d’artifice et sèment le trouble auprès des spectateurs célestes. De formes diverses suivant la position de l’observateur  et aux couleurs variées, en groupe ou isolées, elles se déplacent rapidement et silencieusement dans le ciel nocturne. L’organisme Geipan* a dédié une page spéciale à ces lanternes qu’il est bon de consulter.
Article du Geipan, sur les lanternes chinoises : http://www.cnes-geipan.fr/fileadmin/documents/INFORMATION_GEIPAN_-_LES_LANTERNES_VOLANTES___UNE_MEPRISE_COURANTE_GPUBLIC.pdf


Conclusion

Si l’observation du ciel est pour vous aussi un émerveillement, elle peut susciter parfois, des questionnements comme on l’a vu dans ces témoignages. Le partage d’observation de phénomènes inhabituels permet d’apporter une réponse. Il existe de nombreux forums qui regroupent les témoignages et d’autres qui les analysent et s’attachent à privilégier des explications rationnelles comme le site du GEIPAN*.

Bonne observation


 
*La magnitude apparente : mesure de la luminosité d’un objet céleste observée depuis la Terre. Mesure adoptée par tous les astronomes.
* L’orbite terrestre basse est une région allant jusqu’à 2000 km d’altitude. L’ISS orbite à 400 km d’altitude.
*PAN : Phénomènes Aérospatiaux Non-identifiés.
* GEIPAN : Groupe d’Etudes et d’Informations sur les Phénomènes Aérospatiaux Non-identifiés (http://www.cnes-geipan.fr/).
Parlez du Pôle des étoiles à vos amis, partagez cette page !

Carte de la lune


Carte de la lune

NASA Mars Trek


Mars Trek

Pôle des Etoiles de Nançay


Les cookies assurent le bon fonctionnement du site. En utilisant ce dernier, vous acceptez l'utilisation des cookies J'accepte